Comment bien baliser une rando

Longtemps avant la rando

Il faut tout d’abord prendre une carte IGN du coin et tracer les circuits sur cette carte en estimant les distances d’une façon assez précise. Puis il faut repérer les lieux en effectuant le parcours afin de s’assurer que l’on passe bien partout ou qu’il faille par exemple aménager un petit pont sur tel ruisseau. Lors de cette reconnaissance il faudra noter tous les passages à risque qu’il sera nécessaire d’aménager, de signaler ou autre comme les portions dangereuses, les fils en travers du chemin pour arrêter ses vaches, …

Cette première reconnaissance vous permettra également d’avoir une idée des chemins privés. Il faudra alors aller en mairie vérifier, par exemple sur les plans du cadastre, quels sont les chemins privés et qui en est propriétaire afin de leur demander l’autorisation de passage pour le jour de votre rando. Ces passages sur terrains privés restent un problème car certains propriétaires ne sont plus d’accord le jour de la rando. D’un autre coté, il est difficile de leur faire signer un papier d’accord pour la journée car mis devant cette situation certains propriétaires refusent de signer croyant se faire avoir et ayant peur de s’engager pour une durée plus longue. Il n’y a donc pas de règle, c’est à l’organisateur de sentir les risques. Les portions privées pour lesquelles un accord a été obtenu peuvent être signalées (ex. : " passage privé, ouvert uniquement le jour de cette randonnée "). De plus, une invitation des propriétaires en question au vin d’honneur qui clôturera la rando peut être bien perçue, de même que des remerciements en public par le speaker lors de la remise des coupes ou autres lots. Ceci peut contribuer à entretenir de bons rapports et à renouveler éventuellement l’expérience l’année suivante.

En fonction des différents obstacles rencontrés, il faut faudra rectifier vos circuits. Mesurez exactement la longueur de chaque circuit afin de respecter les distances annoncées.

Ne pas oublier non plus d'avertir les mairies des communes traversées et de demander les autorisations administratives nécessaires et ça peut prendre plus d’un mois pour l’obtenir !

Si vous pensez avoir des soucis avec les chasseurs, mieux vaut les contacter avant et de préférence avoir des chasseurs dans votre organisation.

Les parties communes des randos, si vous avez des petits et des grands circuits, et des portions empruntées par tous les circuits, je ne peux que vous conseiller de mettre la partie commune en début de parcours. Ceux qui effectuent le petit circuit partent en général plus tard et risquent ainsi de moins gêner les rapides qui en général font les plus longs parcours.

Dans la mise en place de vos circuits, pensez au fait que le vététiste à besoin de s’échauffer et ne lui collez pas de grosses difficultés dès le départ. De même il faut éviter de les faire tourner en rond dans le même bois.

Il est d'autre part indispensable que l'organisateur connaisse bien les responsablités qui lui incombent et les garanties couvertes par ses assurances, une assurance spécifique pouvant être souscrite pour cette rando.

Quelques semaines avant la rando

Suivant l’état des chemins et la période de l’année, le temps nécessaire à la préparation de la rando est plus ou moins important. Il vous faudra nettoyer les chemins, couper proprement les arbres ou les branches qui gênent le passage. Dans les passages où il y a de l’herbe, celle ci devra être coupée à l’aide d’une débroussailleuse ou autre appareil. Dans les sous-bois, les chemins doivent être bien délimités et nettoyés un minimum par exemple avec un râteau ou une soufflette pour écarter les feuilles. N’hésitez pas à demander de l’aide en personnel à la commune surtout si vous démontrez que vous réhabilitez des anciens chemins. Ne pas hésiter également à demander à la mairie de créer un chemin de toute pièce, des fois ça marche.

Quelques jours avant

Sur la carte, vous allez découper les parcours en plusieurs zones et attribuer chaque zone à une équipe de 2 personnes.

Vous rédigez une fiche d’instruction sur la façon de flécher le circuit et le type de balisage en employer, ainsi toutes les portions seront fléchées de la même façon.

La veille

Il faut baliser le plus tard possible la veille de la rando. A chaque équipe sera attribuée une zone à flécher suivant des règles décrites dans la fiche et le sens du parcours ainsi que les séparations des différents circuits seront clairement exposés verbalement et mentionnés sur la carte.

L’opération de pose des balises se fait par équipe de 2 flècheurs : pendant que l’un fixe une flèche ou un rubalise, l’autre poursuit son chemin et pose à son tour une marque dès qu’il l’estime nécessaire. Le premier, de retour, peut ainsi vérifier que l’écart entre les deux balises est correct et qu’elles sont convenablement posées. Le cas échéant, il peut fixer une marque supplémentaire là où le besoin s’en fait sentir. Et ainsi de suite, de balise en balise. Pour la fixation du rubalise, éviter le double nœud (penser au débalisage !).

Un petit plus consiste à faire passer un vététiste très rapide une fois le fléchage terminé afin qu’il se rende compte de éventuels défauts de signalisation et que ceux-ci soient corrigés avant la rando.

Pour le balisage on pourra utiliser des flèches si vous êtes surs de ne pas vous les faire retirer, attention à bien les clouer ou les agrafer en 2 points afin d’éviter des retournements intempestifs. Mais une méthode simple est d’utiliser des rubalises pour le marquage aérien et de la chaux ou le plâtre pour la marquage au sol.
Il ne faut pas hésiter à " surbaliser " car le randonneur ne doit pas hésiter ni se perdre d’ailleurs. N’oubliez pas qu’une rando bien signalée est toujours appréciée et fait revenir la client l’année suivante. Attention tout de même aux excès : des rubalises tous les 20 ou 30 m en ligne droite prêtent parfois à sourire et occasionnent un surcroît de travail pour les débaliseurs.

Le flècheur doit également se mettre à la place de vététistes rapides qui ne doivent pas se poser de questions. Il ne faut pas lésiner sur le marquage dès qu’il y a un changement de direction ou quand le vététiste a le choix entre au moins deux directions. Le balisage doit permettre d’anticiper et il est impératif de flécher avant l’intersection et non dans l’intersection. Il faut donc pour cela signaler avant par un rubalise que je conseille de placer du coté gauche du chemin si le vététiste doit se diriger vers la gauche et à droite dans l’autre cas, donc coté intérieur au virage. Un second rubalise devra être posé après chaque changement de direction pour confirmer le bon chemin au randonneur. Celui-ci devra être si possible placé juste après la bifurcation afin qu’il soit visible avant le changement de direction. Je conseille de mettre ce second rubalise sur la droite si le vététiste tourne à gauche et inversement dans l’autre cas, c'est à dire coté extérieur au virage, donc dans le champ de vision du vététiste. Là encore il se faut se mettre à la place du vététiste rapide qui ne doit pas ralentir dans une intersection pour deviner son chemin. Je suggère de faire en parallèle un fléchage au sol avec de la chaux ou du plâtre Ceux sont des produits pas chers, qui résistent relativement bien aux intempéries, qui disparaissent au bout de quelques jours et qui assurent un marquage efficace et facile à lire. Cependant en cas de pluie importante, la chaux ou le plâtre risque de disparaître assez rapidement, attention à l'utilisation de la peinture qui est parfois interdite, en tous les cas à proscrire sur les arbres..
De préférence placer un rubalise 100 mètres après un changement de direction afin de confirmer la direction.

Il est fort souhaitable de tracer une ligne blanche au sol, avec par exemple de la chaux, sur le chemin à ne pas prendre.

Il est d’autre part impératif de mettre régulièrement des rubalises, par exemple tous les 300 mètres environ, pour que le vététiste soit ainsi sur qu’il est toujours sur le bon chemin. Même si le chemin ne comporte aucune bifurcation sur plusieurs centaines de mètres il est tout de même nécessaire de mettre régulièrement des rubalises. Vous organisateur vous connaissez parfaitement les lieux mais vous devez vous mettre constamment à la place du randonneur qui a la tête dans le guidon et est intrigué très vite quand il ne voit plus de signalisation.

N’oubliez pas enfin de signaler par des panneaux les zones dangereuses type traversée de route, descente difficile,….

Sur de passages techniques difficiles, un plus est de prévoir un passage cool en parralèle. Le non technique va apprécier et le premier passage technique sera libre pour les pros.

Le matin de la Rando

Il est impératif de faire passer des ouvreurs, si possible 30 mm avant le départ. Ceux-ci sont équipés de matériels de balisage et sont chargés de remplacer les balises enlevées ou de compléter une balisage insuffisant. Il est d'ailleurs fortement souhaitable que l’ouvreur d’une zone ne soit pas celui qui l’ait balisée la veille et mieux encore qu’il ne connaisse pas le circuit afin de détecter plus facilement où l’on peut hésiter sur le chemin à emprunter. Pour cette opération je conseille d’utiliser des motos cela vous évitera de vous faire rejoindre et de plus une moto laisse des traces qui permettent de guider les premiers randonneurs (mais il faut s'assurer que les engins à moteur sont autoriser à passer).

Une méthode qui a également fait ses preuves est de faire répandre des confettis par les ouvreurs, c’est une solution économique et efficace.

Sur certaines randos, les organisateurs placent de hommes sur les routes pour réguler un peu la circulation. Je ne peux pas me permettre de dire s’il faut le faire ou non, mais les organisateurs doivent mesurer les risquent qu’ils prennent s’ils régulent eux-mêmes la circulation automobile. Dans tous les cas il faut arrêter les vététistes lors du passage d’une voiture, et non l’inverse Dans les intersections dangereuses, il est souhaitable de placer une signalisation à l’attention des automobilistes (type " attention, sortie de VTT à 150 m ").

Dès le début de la rando, il est souhaitable de placer des hommes, équipés de radio ou de téléphone portable, sur différents points du circuit. Dès qu’un vététiste le croisera, ce dernier pourra ainsi lui signaler éventuellement un incident, un blessé par exemple ou un problème de fléchage Il en fera part alors tout de suite à l’organisateur qui pourra intervenir rapidement.

Il est nécessaire de bien indiquer, dans le lieu d’inscription, la méthode de fléchage utilisée ainsi que les éléments distinctifs des différents circuits. Un plus est de fournir, à chaque participant, une carte, détaillée ou non, des circuits mais précisant des points géographiques clés.

Un petit plus est d’équiper les postes de ravitaillement d’un bonne pompe à pied afin de pouvoir booster au passage les pneus qui ont une petite fuite, voire éventuellement du matériels de première nécessité (boîte de pharmacie,burette d’huile, rustine et tout équipement de dépannage rapide). Ne pas oublier de nettoyer l'emplacement des postes de ravitaillement !

Après la rando

Dès la fin de la rando il est nécessaire de retirer toute la signalisation, le débalisage est indispensable. Une bonne méthode consiste à faire partir des VTT après le dernier départ et qui seront chargés d'enlever la signalisation.

Remarques au niveau de l’organisation

N’oubliez pas de prévoir plusieurs postes de lavage mais pour moi cette opération doit juste servir à décrasser le VTT et non à y passer une heure pour obtenir un vélo nickel aussi je suggère que ce soit les organisateurs qui soient chargés de nettoyer les vélos avec par exemple comme consigne de consacrer au maximum 2 minutes sur chaque vélo.

Bien penser à la disposition des postes de ravitaillement, à la fois qu’ils soient bien répartis sur les parcours et si possible après une difficulté et non avant. Penser à prévoir un ou plusieurs sacs poubelles.

Plusieurs mois à l’avance, penser à réserver une salle et à trouver quelques partenaires pour votre rando.

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